ENJEUX ET PERSPECTIVE

IPADDA INTERNATIONAL, fusion d’une diversité de compétence, va effectuer l’état des lieux du débat théorique concernant le développement durable et de dégager des pistes d’action pour une mise en œuvre tant au niveau des entreprises, des collectivités territoriales que des États. Les sujets que nous allons aborder témoignent d’une importante variété d’objets traités (biodiversité, ressources halieutiques, énergie, agriculture, urbanisme, entreprise, « écologie industrielle », solidarité, fiscalité, emploi, démocratie…) et de regards disciplinaires (droit, économie, géographie, gestion, philosophie, sociologie…). Ces groupes thématiques très variés toucheront les réflexions sur Une notion et un programme d’ODD, la Biosphère, les Villes et collectivités territoriales, les  Entreprises et consommateurs, les Enjeux sociaux, l’ État, la société civile et gouvernance mondiale ; l’ensemble étant encadré par le leadership du président Emmanuel Antoine Ibot Ibot.

Avec une telle diversité de thèmes, de disciplines mobilisées, et en définitive de points de vue, il peut paraître difficile de dégager une ligne générale d’analyse. Pourtant, nous sommes tentés à délivrer un message assez homogène. Somme toute, affleure une conception plutôt radicale du développement durable, critique des approches dites de « durabilité faible » et insistant sur les contradictions entre la logique économique dominante et l’éthique sous-jacente au développement durable.

En vérité, nous risquons de mètrent l’accent sur l’extrême gravité des enjeux. « Le XXIe siècle s’annonce mal. Loin d’engendrer une amélioration générale et durable des conditions de vie de tous, le capitalisme néolibéral qui domine aujourd’hui la planète constitue en effet un système où la création de richesse s’accompagne d’une multiplication des tragédies humaines et des catastrophes écologiques ». Des expressions fortes telles que « mise en coupe réglée du monde », « course à l’abîme » laissent entendre que le développement durable n’est pas affaire de choix dans un paradigme donné, mais appelle à un changement de paradigme. Partant, sur un plan théorique, les tenants de l’approche de la soutenabilité faible, selon laquelle il serait possible de substituer biens matériels et environnement, s’attirent une volée de bois vert. Contre le principe de substituabilité, des savants africains , Asiatique et Européens  ont déclarés par exemple : « Toute véritable politique de développement durable exige (…) que le capital naturel, le capital humain et le capital social soient gérés selon des critères spécifiques, propres à leurs modes de fonctionnement et de reproduction respectifs » . De façon tout à fait intéressante, et originale dans la littérature française sur le développement durable, Jean-Paul Maréchal prolonge cette idée, dans son propre chapitre intitulé « De la religion de la croissance à l’exigence de développement durable », en s’appuyant sur la théorie des « sphères de justice » de Michaël Walzer. La structure inégalitaire dans un domaine, par exemple l’argent, ne doit pas déterminer les inégalités dans un autre domaine : « le fait d’être riche ne doit pas donner à une personne le droit d’être mieux soignée qu’un pauvre, d’acheter des décisions publiques ou encore de pouvoir envoyer ses enfants dans les meilleures écoles ». Les différents « ordres » doivent être gérés, sinon séparément, en tout cas suivant des critères propres et en évitant la confusion.

L’enjeu principal d’IPADDA INTERNATIONAL, cependant, n’est pas le débat académique et le rejet de la soutenabilité faible. Nous constatons plutôt une critique forte du (néo)libéralisme économique et l’idée que « le développement durable ne saurait (…) être ramené au rang d’une simple notion susceptible de s’insérer sans problème dans le moule de l’économie dominante » .

Le « Néolibéralisme ou développement durable : il faut choisir » est-elle titrée. Selon, l’auteur de L’économique et le vivant, dynamite l’idée qu’il pourrait y avoir compatibilité entre la logique de la mondialisation néolibérale et la logique du développement durable : parce que à l’interdépendance, la mondialisation actuelle substitue la domination d’un groupe ; parce que à l’ouverture sur les sphères humaine et naturelle, elle substitue le repliement sur l’économique, lui-même phagocyté par la finance ; parce que, enfin, à l’ouverture sur les valeurs socioculturelles, elle substitue la prééminence du marché.

N’oublions pas que nous sommes  tentés de pointer les effets négatifs de la mondialisation sur les situations sociales et écologiques  ou tentés de montrer l’aporie d’une « entreprise durable » et les limites de la responsabilité sociale et écologique des entreprises .

On notera, cependant, que les différents regards et perceptions prennent leurs distances vis-à-vis du courant de la « décroissance ». La ville un environnementaliste engagé – encore lui – voit dans l’exhortation à la décroissance une « prophétie sans ancrage social » tandis que de mon humble avis ,j’ estime qu’un monde  « dont près de la moitié de la population subsiste à la limite de la survie (…) ne peut comprendre ni les slogans abstraits hostiles au développement ni les appels à la ‘décroissance’ .

C’est dire qu’IPADDA INTERNATIONAL devrait  dégager des pistes d’action pour une mise en œuvre tant au niveau des entreprises, des collectivités territoriales que des États », pas seulement adopter une conception plutôt « technicienne » du développement durable, mais , aussi adopter une posture critique pour démocratiser le débat de l’heure. C’est d’ailleurs là l’un des intérêts majeurs de la création d’IPADDA INTERNATIONAL. Quand l’ensemble des rapports internationaux convergent pour reconnaître l’aggravation des problèmes sociaux et écologiques, alors même que la notion de développement durable se diffuse depuis près de vingt ans, on peut désormais admettre qu’une telle vision technicienne de la notion est tout à fait insuffisante. Il faut convenir que l’éthique du développement durable achoppe sur la logique économique dominante et surtout il revient au chercheur de faire l’analyse de ces éléments de contradiction. Cet exercice est encore trop peu réalisé. Le grand mérite qu’aura IPADDA INTERNATIONAL est d’avoir entamé un tel travail et ouvert des pistes précieuses pour des réflexions ultérieures.

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